Le concept de résilience

Le concept de résilience

Dès que vous vous intéressez à la méthodologie Agile, un mot revient en boucle : la résilience.

Alors, c’est simple, tout le monde doit être résilient : le marché, les entreprises, le management, les employés, …

La résilience, c’est un peu comme une formule magique, le saint graal de toute transformation Agile.

Sauf que la résilience, je m’y intéresse depuis fort longtemps. Et que c’est bien plus que ça.

Initialement, la résilience est un terme utilisé en physique qui signifie « revenir à sa forme initiale après un choc ».

Dans les années 50, des psychologues américains s’intéressent à ce concept, l’adaptent et l’appliquent à la psychologie.

Mais c’est Boris Cyrulnik, éminent neuropsychiatre français, qui vulgarise la résilience auprès du grand public grâce à son livre « Un merveilleux malheur », sorti en 2001 : « On s’est toujours émerveillé devant ces enfants qui ont su triompher d’épreuves immenses et se faire une vie d’homme, malgré tout. Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d’organiser notre manière de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis. C’est celui de résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit de l’adversité. En comprenant cela, nous changerons notre regard sur le malheur et, malgré la souffrance, nous chercherons la merveille. »

Pour Cyrulnik, la résilience est la capacité à se reconstruire après un traumatisme. J’entends par trauma un deuil, un abandon, de la maltraitance, de la violence sexuelle, un contexte de guerre ou de génocide.

C’est la faculté qu’ont certains êtres humains à surmonter les épreuves de la vie et à rebondir en toutes circonstances.  « C’est l’art de naviguer dans les torrents » comme le disait si joliment Francis Bacon.

Ce qui rend la résilience intéressante et complexe, c’est que cette capacité à s’adapter et à aller de l’avant n’est pas donnée à tout le monde. En effet, nous ne sommes pas tous égaux face à la résilience. Celle-ci dépend de différents facteurs qui sont à la fois biologiques, psychologiques, sociaux  et culturels. Il y a donc autant de résilience que de personnes.

Par ailleurs, la résilience, comme le deuil, est un processus dynamique d’adaptation. On ne peut pas dire à quelqu’un : « Allez, sois résilient, maintenant ! » C’est un non-sens.

Voilà pourquoi l’utilisation du concept de résilience en entreprise et plus spécifiquement dans le cadre d’une transformation Agile me crispe un peu. J’y préfère de loin les termes de flexibilité ou d’adaptabilité.

A lire :
« Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik

Une réflexion sur “Le concept de résilience

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s