La théorie, c’est bien. La pratique, c’est mieux #oupas

La théorie, c’est bien. La pratique, c’est mieux #oupas

Bon, ça y est ! Je suis officiellement Scrum Master et ce, depuis le 1er mars 2022 !

Je fais à présent partie d’un Chapter. J’ai rejoint deux nouveaux squads, et par la même occasion une nouvelle Tribe, leadée par un éminent Tribe Lead. Et je collabore au quotidien avec un Product Owner et une Scrum Team. Nous appliquons à la lettre le cadre de travail Scrum et ne ratons aucune des cérémonies mentionnées dans le Scrum Guide. Je prends mon rôle de Servant Leader très à cœur et suis à l’écoute des membres de l’équipe. Bref, tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes.

Honnêtement, tout ce que j’ai énoncé ci-dessus est vrai.

Sauf que… j’ai omis quelques détails.

Je l’ai écrit précédemment, l’Agile est un état d’esprit, une philosophie. Or, changer de mindset prend du temps. C’est vrai pour les individus, et pour les entreprises. J’irais même jusqu’à dire (ça n’engage que moi), que changer de mindset devrait naturellement suivre les 5 étapes du deuil. Vous les connaissez n’est-ce pas ? Déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. C’est vrai finalement, on perd quelque chose. Le processus est le même, non ?

Dans son livre « Du désir au plaisir de changer », Françoise KOURILSKY insiste sur le recadrage , comme étape majeure du changement. Mais le recadrage, les copains, ça prend du temps !

Tout ça pour dire quoi ?

Tout ça pour dire que devenir Scrum Master en amorce d’une transformation Agile n’est pas simple.

Être PO, c’est clair, net, précis. C’est stressant, ça demande du leadership et une très bonne connaissance du domaine. Le PO est en première ligne, il essuie les coups. Les fleurs, ça sera pour plus haut. J’ai été Agile Product Owner, je parle donc en connaissance de cause. PO, c’est dur. Mais c’est clair.

Scrum Master… Sur papier, j’adore, j’adhère ! Je suis fan, incontestablement. De la fonction, du profil, des compétences requises, de la mission.

Mais sur le terrain, en pleine amorce d’une transformation Agile, c’est pas si simple, croyez-moi.

N’oublions pas que Scrum Master est un rôle neuf, qui n’existe que dans une méthodologie et un cadre bien précis.

Le PO, qui avait l’habitude de tout gérer seul, avec éventuellement l’aide d’un Project Manager se voit soudainement binômer à un mystérieux Servant Leader.

La première question à se poser est la suivante : le PO (jeté brutalement dans l’eau glaciale de l’agilité) a-t-il envie de partager, de lâcher ? Est-il prêt à cela ? A-t-il intégré le changement, les nouveaux rôles et responsabilités ? Est-il bien conscient de la valeur ajoutée d’un Scrum Master ? Et combien même il ne verrait pas d’inconvénient à s’adapter, lui en laisse-t-on le temps ?

Et quid du cas où le PO (le WHAT) n’est que modérément enthousiaste par l’idée de lâcher une partie de ses responsabilités, au profit du Scrum Master (le HOW) ? Le Scrum Master doit accompagner le PO et l’équipe dans le passage vers un nouveau cadre de travail (Scrum). Il doit veiller à ce que le framework soit compris et appliqué correctement. Mais si, en amont, le PO en face de lui, est réfractaire à l’Agilité… et donc, de fil en aiguille, à sa présence en tant que binôme, on fait comment ?

Autre point important : l’entreprise a-t-elle pris le temps de bien constituer les binômes PO & SM ? C’est fondamental pour moi. Tous les profils ne fonctionnent pas bien ensemble.  On reparlera des états du moi en Analyse Transactionnelle mais, guys, un petit test de ce type prend 20 minutes. N’allez pas taper un Parent Normatif avec un Enfant Adapté Rebelle. Avec toute la bonne volonté du monde, CA NE PEUT PAS FONCTIONNER.

Mais revenons au métier de Scrum Master. Ce qu’on ne dit nulle part, c’est que c’est un métier de l’invisible. Tout est dans le ressenti, dans le relationnel. Or, on le sait, dans les relations humaines, il n’y pas de mode d’emploi. Devenir Scrum Master, c’est un peu comme devenir parent : tu fonctionnes à l’instinct. Tu as beau lire tous les livres d’éduction possibles et inimaginables, demander tous les conseils du monde… tu finis toujours par improviser car personne, à part toi, n’aura expérimenté cette configuration unique. Tu déploies tes antennes et tu fais du mieux que tu peux. Et bien Scrum Master, c’est pareil. Et on en revient toujours au même : déployer ses antennes, construire une relation de confiance, … devinez quoi… et bien, ça prend du temps !

Il n’y a pas UN Scrum Master. Ne croyez pas ce qu’on vous dit en formation. Il y en a cent, mille, des millions… Il y en a autant qu’il y a de PO et de Scrum Team. Et pour cette raison précise, je trouve que c’est un métier – certes passionnant – mais très énergivore d’un point de vue émotionnel. L’adjectif qui lui correspond le mieux, je trouve, est « subtil ». Oui, c’est un métier subtil, tout en nuances.

Bref.

Je me trompe peut-être. Ça ne fait que quatre semaines finalement. Mais là, aujourd’hui, je pense fermement que la clé d’une transformation Agile réussie est le temps. Le temps, pour les PO, les SM et les équipes Scrum de comprendre le changement, de l’accepter et de l’intégrer. Le temps d’apprendre à se connaître et de créer du lien. Le temps, pour chacun, de trouver sa place.

L’urgence est, selon moi, le poison de l’agilité (…)

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