La patience, mère de toutes les vertus

La patience, mère de toutes les vertus

Dans ma note précédente, j’ai abordé la problématique de l’urgence et de son incompatibilité avec une transformation Agile.

J’ai par ailleurs soulevé la difficulté de trouver sa place en tant que Scrum Master, face au PO et au sein de la Scrum Team.

Bien entendu, j’ai partagé ces considérations autour de moi et la réponse fut systématiquement la même : SOIS PATIENTE !

Aaaahhh la patience, quelle belle vertu.

Les personnes impatientes veulent que la vie se dépêche. C’est joliment dit.

En fait, la capacité à être patient est liée à la notion de frustration. Ou plutôt à la notion de résistance à la frustration. Et par conséquent, au besoin – parfois compulsif – de satisfaction.

Être impatient, c’est tout faire vite. Avec le risque de ne pas vivre dans l’instant présent, de rester en surface, de faire des jugements hâtifs ou d’imposer son rythme à l’autre. L’impatient peut en effet devenir rapidement tyrannique et intolérant.

Attention, il y a aussi des qualités liées à l’impatience : la créativité et l’enthousiasme. L’impatience est un vrai moteur qui aide à passer à l’action et à trouver des solutions rapidement.

A ce propos, j’ai appris un nouveau mot en écrivant cette note : la précrastination, soit le besoin compulsif de rayer une tâche de sa to-do-liste mentale le plus rapidement possible. Avec, comme risque, un manque de concentration et un risque d’épuisement, lié à l’incapacité de canaliser son énergie sur les choses importantes.

Mea culpa, c’est vrai, je l’avoue : JE SUIS IMPATIENTE.

Mais en même temps, qui ne l’est pas aujourd’hui ? L’immédiateté n’est-elle pas devenue un diktat imposé par notre société ?

Rappelez-vous de ma note sur la révolution industrielle 4.0. Nous vivons actuellement une mutation radicale de notre rapport au temps.

Et encore, nous, ça va (par « nous », j’entends « les vieux »). On sait ce que c’est « attendre », ou du moins on s’en souvient vaguement. Mais imaginez les nouvelles générations. Ces générations du « tout, tout de suite », du « zéro frustration ». Ces générations qui ont grandi avec, dans la main, l’icône suprême de l’instantanéité : le smartphone.

Notre société est devenue celle du zapping, du swipe, du fast, des clips et des spots. On est devenu accro à l’immédiateté. On se lasse de tout, à une vitesse V V prime. On fait mille trucs à la fois. Et on développe des troubles de l’attention gros comme des camions.

Et le pire dans tout ça, c’est que l’instantanéité génère une obligation d’instantanéité. Les nouvelles technologies nous ont libérés des contraintes du temps, certes. Mais elles ont également intensifié l’obligation de réactivité et donc, d’immédiateté. Sans oublier la « peur de rater » qui aggrave encore plus la sensation d’urgence (et le stress qui va avec).  

Alors oui, c’est vrai, la patience, ça se travaille. On fait de la pleine conscience, de la méditation, des promenades en forêt. On se met à la couture, à la poterie, au jardinage. On dit NON! à la tyrannie de l’immédiateté et on modifie son rapport à la temporalité.

Mais bon, dans les faits, ça fait un mois que je suis Scrum Master et que je galère à trouver ma place ! 😉

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s