La sécurité psychologique

La sécurité psychologique

En tant que Scrum Master, il nous a été demandé d’organiser des workshops avec nos squads respectifs.

Pour mon premier workshop, j’ai choisi de réfléchir au concept de sécurité psychologique.

En réalité, ce concept n’est pas propre à l’entreprise. Il  est inhérent à toute dynamique de groupe, quel que soit le contexte. C’est un sujet qui me semble d’autant plus intéressant et important à traiter.  

Pour moi, les quatre questions à poser durant ce workshop sont les suivantes :

  • A quoi reconnait-on un environnement professionnel sécuritaire ?
  • Que mettre en place pour assurer cet environnement ?
  • Quels sont les avantages de la sécurité psychologique pour l’entreprise ?
  • En quoi la sécurité psychologique est-elle la clé d’une transformation Agile réussie ?

Et bien, commençons !

A quoi reconnait-on un environnement professionnel sécuritaire ? C’est assez simple au final. C’est un environnement dans lequel les individus peuvent exprimer tout leur potentiel, sans avoir peur. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les nouvelles idées sont valorisées ; que la prise de parole est encouragée ; que les différences d’opinions sont acceptées ; que la prise d’initiatives est gratifiée (et ce, même – et surtout – si elle comporte une part de risque) ; qu’il est OK de partager ses difficultés et de demander de l’aide ; qu’il est OK de douter ; qu’il est OK de demander du feedback ou d’en donner (dans la mesure où celui-ci est constructif) ; et surtout, qu’il est OK de se tromper.

En fait, toutes les actions listées ci-dessus sont ce qu’on appelle des actes de vulnérabilité. Prendre la parole, poser une question, donner un avis, exprimer un point de vue différent, prendre une initiative, tenter une expérience, demander de l’aide, se tromper, … On dira donc d’un environnement professionnel qu’il est sécuritaire si les actes de vulnérabilité y sont non seulement acceptés mais également encouragés et valorisés. Chaque employé peut exprimer ses vulnérabilités sans craindre des représailles éventuelles.

Par contre, si ces mêmes actes de vulnérabilité sont systématiquement associés à une punition, un reproche, une brimade, … dans ce cas, on peut parler d’un contexte d’insécurité psychologique.

Découle de cela la question suivante : que mettre en place pour assurer environnement professionnel sécuritaire ? Sur base de ce que j’ai expliqué ci-dessus, c’est assez simple (dans la théorie du moins).

Encouragez les membres de l’équipe à s’exprimer ; veuillez à ce que chacun ait l’opportunité de prendre la parole ; remerciez tout feedback ; recadrez les comportements insécuritaires au sein de l’équipe (moquerie, le fait de couper la parole, …) ; encouragez explicitement la diversité des points de vue ; partagez vos erreurs ; encouragez la prise de risque ; écoutez activement (j’y reviendrai) ; montrez vos vulnérabilités et SURTOUT récompensez les actes de vulnérabilité.

Et nous voilà arrivés à la troisième question : quels sont les avantages de la sécurité psychologique pour l’entreprise ? C’est vrai finalement. Le management de la terreur, ça fonctionne très bien aussi non ? A quoi bon tous ces efforts ?

Une fois de plus, c’est simple. Tout est une question d’énergie. Chaque individu a un capital d’énergie qui lui est propre. Ce capital énergétique, il est utilisé tout au long de la journée. Dans un environnement sécuritaire, il sera utilisé pour partager, grandir, créer, innover, apprendre, performer. Dans un environnement insécuritaire, il sera utilisé pour quoi ? Ben oui, vous avez compris. Il sera utilisé pour se protéger, se cacher, éviter, se défendre. Un individu qui adopte une posture de protection n’est plus dans l’innovation. Un individu qui a peur active instinctivement des réflexes de protection tels que l’auto censure, le désengagement et la fuite. S’améliorer devient trop couteux en cas d’échec. On fait profil bas, on la ferme et on stagne. Dois-je encore vous expliquer l’avantage pour une entreprise de développer un environnement sécuritaire ?

Mais Agile dans tout ça ?

Agile ne fonctionne tout simplement pas sans sécurité psychologique. Condamner la vulnérabilité, c’est condamner l’agilité. Rappelez-vous des trois piliers de la méthodologie Agile : Transparence, Inspection et Adaptation. Chaque jour en Daily Scrum, en début de sprint via le Planning meeting ou en fin de sprint via la Rétro, on inspecte et on adapte si nécessaire. Cet exercise n’est possible que si les membres de la Scrum team se sentent suffisamment en sécurité que pour s’exprimer, challenger, poser des questions, donner du feedback, reconnaitre les erreurs éventuelles et explorer les idées nouvelles. Sans processus dialogique collaboratif, pas d’Inspect & Adapt. Et donc, pas d’agilité. Ça n’est pas un hasard si, parmi les déclarations de valeur de l’agilité, on retrouve noir sur blanc la priorité aux individus et à leurs interactions, avant les processus et les outils.

Et pour ceux et celles qui veulent creuser cette thématique passionnante, je conseille l’ouvrage du professeur Amy Edmonson : The Fearless Organization: Creating Psychological Safety in the Workplace for Learning, Innovation, and Growth.

Là dessus, je m’en retourne préparer mon workshop 😉

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